Solstice. Les S qui résonnent comme le serpent a mon doigt.
Solstice. D'une beauté, cette nuit, cette nuit la plus longue, la plus belle, La Nuit. Les étoiles qui se cachent, pour ne pas lui faire d'ombre, les nuages qui ne se montrent pas, morts de peur. Même la journée résonnait d'une énergie imprécise, de vibrations silencieuses, présageant quelques folies sombres.
La nuit de tous les excès, des vœux les plus noirs, la nuit ou tout s'en va, rien ne revient. La nuit où l'on perd la raison, où on la sème aux quatre vents, juste pour voir ce que ça donne, jusqu'où on ira. Et le plus triste, c'est qu'elle ne part pas si loin que ça.
Serait-ce notre raison alors, qui est en tort? Notre raison qui est abîmée, cassée, déformée? Garde fou branlant, tremblant, voire inexistant. Et même sans lui, je n'arrive pas a tomber, je n'arrive pas a vivre la chute, seulement l'atterrissage. Cruel destin, ne pas pouvoir se défaire de sa Raison, ou trop peu.
Personne avec qui j'ai envie d'être. Personne a qui j'ai envie de faire don de ma folie, personne a qui j'ai envie de dévoiler mon intérieur, personne avec qui j'ai envie de tournoyer dans une vieille sale de bal dans la musique poignante du silence, personne a qui j'ai envie de confier mes secrets les plus noirs. A part P., a part Z., et M., bien sûr, mais c'est pas pareil.
Personne a qui je puisse crier "Hey, ouvre moi, explore moi, vas-y, manges moi, ne laisse rien."
Les Personne viennent et passent, personne ne reste. Les Personne vous laissent en plan, a vous dessécher aux quatre vents. Personne n'est encore là demain, encore moins après-demain. Qui reste? Pas les amours.
Seulement les Amours, les Amours ne vous tournent jamais vraiment le dos. M., P., Z., ne partez pas, je vous aime. Non, je vous Aime, plus que je n'aimerais jamais Personne.
En fait les Personne n'existent pas, je crois. On veut qu'ils existent, on se les imagine dans tous leurs détails les plus imparfaits, les plus idéaux, mais ce ne sont que de brefs mirages, brillants, mais surtout inexistants.
On prend quelqu'un, n'importe qui, on en fait des Personne, dans notre esprit, on fait des raccords, des montages, on les fabrique pièce par pièce, on interprète leurs actions de personne, comme les preuves de leur suprême Personnalité, on s'invente même un amour. Pour ne pas se sentir vide.
On prend les personnes, on leur donne des clefs, on leur donne même un mode d'emploi, tout ça pour qu'ils soient des Personnes, mais ce sont autant des Personnes que Colin Farrell est Alexandre le Grand. Personnes, vous n'êtes que les pantins de notre imagination défaillante, réalités creuses, irréelles variations d'un rêve qu'on nous a insufflé.
La question en suspens reste bien sûr: qu'est ce qui est le plus tragique? Votre irréelle présence, ou votre réelle absence?
Prince Charmant, où es-tu?
1 commentaire:
C'est comme un jeu, et l'on s'y blesse, car on s'invente des palliatifs a cet amour dévorant que l'on a sous le nombril. Ça ne comble pas. Ça passe et nous laisse encore plus vide. On crée nos mythes, nos rêves, nos personnes à nous, toutes droites sorties de notre tête et de personne que l'on connait, à qui l'on colle une personnalité qui n'est pas la leurs. Ce sont nos Elles, nos fantasmes ou nos crimes, nos crèves-cœurs,et l'on demande au modèles d'être à la hauteur. Mais comment pourrait-il l'être ?
Et pourtant, dans ma mythologie perso, dans mes Elles, tu as toujours été telle que je t'avais vu dès le départ, la grande Alexandra, titubante et abimée, éclatante, dans ma tête ou tu te battais contre la poussière, exaltée.
Jusqu'à tes trois mots.
Sois pas triste.
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