
Les cheveux au vent, je regarde au fond de tes yeux, et je vois dans mon reflet, tout au fond, a la fois peur et envie. Je regarde dans tes yeux, et j'y vois tout ce que je veux, tout ce que je désire. Mais je ressens aussi la peur, la peur d'une énième illusion, la peur d'un mirage, la peur de me tromper.
Je ne veux que m'ouvrir a toi, mais j'ai peur, j'ai peur de toi, de moi. De nous aussi.
Je suis assise avec toi sur ce toit, les pieds dans le vide, les yeux dans le ciel, appuyée contre toi, et je crois l'espace d'un instant que le monde nous appartient. Je vois notre avenir dans la fumée de nos cigarettes qui monte vers le ciel bleu, tourbillons fragiles et incertains, inutiles rappels de tout ce qui pourrait mal tourner.
Je souris pourtant, et je ris, pour toi, avec toi, parceque cette journée est belle, parceque je ne veux pas la gâcher. Je viens souvent dans ta mansarde du 6ème, ton manque d'espace et tes feuilles volantes noircies me font rêver. J'aime sortir par ta fenêtre, et me promener dans la gouttière, et sur les ardoises, faisant fi des étages nous séparant du sol. J'aime feindre de perdre l'équilibre pour voir la peur dans tes yeux. J'aime m'agripper a tout et a rien, comme ton chat, j'aime le suivre. J'aime jouer avec toi a cache-cache au milieu des cheminées, j'aime me rattraper aux antennes et cendrer dans la rue. J'aime comme le son grave de ton rire se mêle a mon carillon, j'aime quand tu me lis dans les cartes, j'aime quand tu me couches sur le papier. J'aime quand le froid me pique les yeux, j'aime quand la pluie me ruisselle dans le cou, j'aime quand tu me frottes avec une serviette déchirée, j'aime boire l'eau tout droit venue du ciel, j'aime quand tu sors ta bouteille de derrière le volet, j'aime quand on ne voit presque plus rien, a part les réverbères, j'aime ton petit paradis.
Et je me l'approprie, quelques minutes, quelques heures, quelques jours. Je me l'approprie parceque j'y ai droit, j'y ai droit parceque je t'aime. Et je t'aime parceque ... je ne sais pas. Mais je t'aime. Tu as ta place dans les êtres m'étant chers, toi l'étudiant, l'éternel enfant, avec qui je partage des moments hors du temps.
Et tu es parfait, rien de plus, rien de moins, et tu sais pourquoi?
Parceque tu n'existes pas ailleurs que dans mes rêves éveillés, parceque tu es tout a moi, et que la réalité n'aura pas prise sur toi.
1 commentaire:
Tu n'en n'aimes que l'image qu'il reflête de toi. C'est beau, cela dit.
Enregistrer un commentaire