dimanche 28 décembre 2008

Démon de Minuit

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Déchirer ton T-shirt dans ma hâte, arracher les boutons de ta chemise, sauvagement, défaire ton jean avec mes dents. T'arracher l'oreille avec ma bague, par inadvertance, me retrouver collée a l'angle de la bibliothèque, haletante, n'en avoir rien a foutre, oublier l'heure, frissonner toute entière, ne même pas arriver jusqu'à ton lit, finir sur le parquet a t'arracher tes beaux cheveux longs, rouler sous ta table, m'arrêter un instant sur la courbe de tes seins, pour mieux me retrouver les poignets bloqués par tes doigts d'une finesse si puissante.
Profiter de la vue de ta taille pendant que tu explores mon cou de ta langue, et que tu me grognes dans les oreilles. Profiter d'une inattention pour reprendre le dessus, te cogner la tête contre le barreau de ta chaise, me faire pardonner d'un baiser enflammé.
Violence amoureuse, nécessaire, vitale, dans nos satisfactions aux allures de lutte. Égalités chèrement arrachées, bleus, échardes, morsures, courbatures, frustrations, satisfactions d'une violence inouïe, rires d'écorchées vives, rires de sauvages.
Possession haletante, victorieuse, ou non. Exultation violente, de ton corps cambré contre le mien, de tes dents dans mon dos, dans mes sourcils, dans mon cou sur mon ventre, partout. La sensation de mes ongles dans tes omoplates, dans tes cheveux, dans tes cuisses, de tes genoux dans mon ventre, de mes coudes dans le tien, me fait frémir. Ton secouement de tête rageux aussi, ton regard provocateur, ton énergie, tes lèvres retroussées, ton sourire de victoire, ton rictus de défaite.


jeudi 25 décembre 2008

Sur les toits ...

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Les cheveux au vent, je regarde au fond de tes yeux, et je vois dans mon reflet, tout au fond, a la fois peur et envie. Je regarde dans tes yeux, et j'y vois tout ce que je veux, tout ce que je désire. Mais je ressens aussi la peur, la peur d'une énième illusion, la peur d'un mirage, la peur de me tromper.
Je ne veux que m'ouvrir a toi, mais j'ai peur, j'ai peur de toi, de moi. De nous aussi.
Je suis assise avec toi sur ce toit, les pieds dans le vide, les yeux dans le ciel, appuyée contre toi, et je crois l'espace d'un instant que le monde nous appartient. Je vois notre avenir dans la fumée de nos cigarettes qui monte vers le ciel bleu, tourbillons fragiles et incertains, inutiles rappels de tout ce qui pourrait mal tourner.
Je souris pourtant, et je ris, pour toi, avec toi, parceque cette journée est belle, parceque je ne veux pas la gâcher. Je viens souvent dans ta mansarde du 6ème, ton manque d'espace et tes feuilles volantes noircies me font rêver. J'aime sortir par ta fenêtre, et me promener dans la gouttière, et sur les ardoises, faisant fi des étages nous séparant du sol. J'aime feindre de perdre l'équilibre pour voir la peur dans tes yeux. J'aime m'agripper a tout et a rien, comme ton chat, j'aime le suivre. J'aime jouer avec toi a cache-cache au milieu des cheminées, j'aime me rattraper aux antennes et cendrer dans la rue. J'aime comme le son grave de ton rire se mêle a mon carillon, j'aime quand tu me lis dans les cartes, j'aime quand tu me couches sur le papier. J'aime quand le froid me pique les yeux, j'aime quand la pluie me ruisselle dans le cou, j'aime quand tu me frottes avec une serviette déchirée, j'aime boire l'eau tout droit venue du ciel, j'aime quand tu sors ta bouteille de derrière le volet, j'aime quand on ne voit presque plus rien, a part les réverbères, j'aime ton petit paradis.
Et je me l'approprie, quelques minutes, quelques heures, quelques jours. Je me l'approprie parceque j'y ai droit, j'y ai droit parceque je t'aime. Et je t'aime parceque ... je ne sais pas. Mais je t'aime. Tu as ta place dans les êtres m'étant chers, toi l'étudiant, l'éternel enfant, avec qui je partage des moments hors du temps.
Et tu es parfait, rien de plus, rien de moins, et tu sais pourquoi?
Parceque tu n'existes pas ailleurs que dans mes rêves éveillés, parceque tu es tout a moi, et que la réalité n'aura pas prise sur toi.

Personne, ou Le Prince Charmant.

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Solstice. Les S qui résonnent comme le serpent a mon doigt.
Solstice. D'une beauté, cette nuit, cette nuit la plus longue, la plus belle, La Nuit. Les étoiles qui se cachent, pour ne pas lui faire d'ombre, les nuages qui ne se montrent pas, morts de peur. Même la journée résonnait d'une énergie imprécise, de vibrations silencieuses, présageant quelques folies sombres.
La nuit de tous les excès, des vœux les plus noirs, la nuit ou tout s'en va, rien ne revient. La nuit où l'on perd la raison, où on la sème aux quatre vents, juste pour voir ce que ça donne, jusqu'où on ira. Et le plus triste, c'est qu'elle ne part pas si loin que ça.
Serait-ce notre raison alors, qui est en tort? Notre raison qui est abîmée, cassée, déformée? Garde fou branlant, tremblant, voire inexistant. Et même sans lui, je n'arrive pas a tomber, je n'arrive pas a vivre la chute, seulement l'atterrissage. Cruel destin, ne pas pouvoir se défaire de sa Raison, ou trop peu.
Personne avec qui j'ai envie d'être. Personne a qui j'ai envie de faire don de ma folie, personne a qui j'ai envie de dévoiler mon intérieur, personne avec qui j'ai envie de tournoyer dans une vieille sale de bal dans la musique poignante du silence, personne a qui j'ai envie de confier mes secrets les plus noirs. A part P., a part Z., et M., bien sûr, mais c'est pas pareil.
Personne a qui je puisse crier "Hey, ouvre moi, explore moi, vas-y, manges moi, ne laisse rien."
Les Personne viennent et passent, personne ne reste. Les Personne vous laissent en plan, a vous dessécher aux quatre vents. Personne n'est encore là demain, encore moins après-demain. Qui reste? Pas les amours.
Seulement les Amours, les Amours ne vous tournent jamais vraiment le dos. M., P., Z., ne partez pas, je vous aime. Non, je vous Aime, plus que je n'aimerais jamais Personne.
En fait les Personne n'existent pas, je crois. On veut qu'ils existent, on se les imagine dans tous leurs détails les plus imparfaits, les plus idéaux, mais ce ne sont que de brefs mirages, brillants, mais surtout inexistants.
On prend quelqu'un, n'importe qui, on en fait des Personne, dans notre esprit, on fait des raccords, des montages, on les fabrique pièce par pièce, on interprète leurs actions de personne, comme les preuves de leur suprême Personnalité, on s'invente même un amour. Pour ne pas se sentir vide.
On prend les personnes, on leur donne des clefs, on leur donne même un mode d'emploi, tout ça pour qu'ils soient des Personnes, mais ce sont autant des Personnes que Colin Farrell est Alexandre le Grand. Personnes, vous n'êtes que les pantins de notre imagination défaillante, réalités creuses, irréelles variations d'un rêve qu'on nous a insufflé.
La question en suspens reste bien sûr: qu'est ce qui est le plus tragique? Votre irréelle présence, ou votre réelle absence?
Prince Charmant, où es-tu?



vendredi 19 décembre 2008

Passions égarées

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Tu me demandes ce que je veux. Et il est vrai, tout a l'heure dans tes bras au parfum d'autrefois je ne savais que te dire.
Mais maintenant, la tête claire, je peux te dire que je ne veux pas de ça. Combien de fois déjà avons nous échoué? N'était ce pas assez?
N'aimons nous pas plus nos souvenirs que l'autre? Oui c'est vrai, on était beaux a faire les 400 coups, et a finir nos phrases, mais n'a-t-on pas grandi? Encore que ce n'est pas là le problème.
Tu me demandes si je t'ai déçu ... Non, tu n'as pas changé. Oui, tu n'a pas changé.
Tu vois chéri, tu avais raison de ne pas aimer être ma souris, car il n'y a pour ainsi dire rien qu'un chat puisse aimer dans une souris. Non pas que je ne t'aime pas, encore qu'aujourd'hui ce ne soit guère qu'une aquarelle rescapée d'un temps passé, c'est juste que tu vois j'aime gagner.
Et tu l'as compris. Tu l'as trop bien compris. Tu m'as laissé gagner, et c'est la pire chose que tu aies pu faire. Bien sur j'en ai tiré une satisfaction, mais c'eût été la même si je l'avais eu plus rarement, mais gagnée plus chèrement.
Tu me dis que tu gagnes a me laisser gagner, mais sais-tu seulement tout ce que tu as perdu?
Oui, ami, nous étions faits l'un pour l'autre, oui, sauf que tu n'as pas pu me retenir plus d'un instant perdu dans le vent, et j'ai toujours couru, sauvage, a ma guise.
Tu vois, c'est bien beau de perdre, c'est bien beau que je gagne, mais c'est bien trop facile. Et après quatre ans de victoires incessantes, elles n'ont plus rien qu'un goût amer. Que vaut une victoire par forfait?
Tu ne t'es pas battu avec moi, tu n'as pas osé, et c'est le jour où tu as cessé de me tenir tête que tu m'as perdu. Oui, ça fait bien longtemps déjà, n'est ce pas?
Je voulais jouer a chat avec toi, sais-tu? Mais tu es resté là sous mon nez et m'a laissé t'attraper sans frémir. Tu aimes être entre mes dents, ne le nie pas, mais j'aurais aimé, il fut un temps, être entre les tiennes, même si je me serais battue jusqu'au dernier sang pour ne m'y pas trouver. Et c'est ça que tu aimes chez moi. Je ne te suis pas soumise, je te fuis, je n'ai nul besoin de toi. Et c'est ça que je hais chez toi, ton apathie.
C'est facile de me laisser gagner, alors tu m'as laissé. Et a force, tu as perdu l'habitude, et aujourd'hui tu serais incapable de m'arracher la moindre goutte de sang, avoue.
N'est ce pas?
Et ne me comprends pas mal, ami, je ne te fais là nulle invitation, toi comme moi savons que le jour où nous aurions pu être sauvés est depuis bien longtemps passé, et aujourd'hui aurais tu beau changer, tu ne m'atteindrais plus.
Tant que je te verrais tel que tu es devenu, tu n'auras nul pouvoir sur moi. Et ce ne serait qu'en sentant ton pouvoir sur moi que je changerais d'avis. Vois comme le cercle est vicieux.
Et puis, on dit toujours qu'on est liés, et qu'on pense a la même chose en même temps. C'est vrai, le nier est inutile, mais n'évoquons nous pas aujourd'hui que les bons souvenirs d'autrefois?
Et puis tu dis toujours que tu sais ce que je fais, tu sais quel jeu je joue. Si tu savais comme c'est faux ... Aurais-tu vu au delà de sourcils levés, et regards lointains, sourires en coin, tu aurais su qu'il te fallait te battre, qu'il fallait que tu me contraignes a me battre pour toi.
C'est pour ça qu'une petite fleur t'aimera toujours plus que moi, le pêcher est là pour lui faire un perpetuel ombrage, et il ne lui reste plus qu'a plonger ses racines plus loin encore pour espérer atteindre l'essence de la terre.
Moi, je n'ai nulle concurrence, j'ai beau partir si loin, si longtemps, quand je viens voir ce que tu deviens, c'est toujours vers moi que tes yeux se tournent. Alors pourquoi me battrais-je?
Aurais-tu tenu a moi, toi, si je m'étais dès le premier jour soumis a toutes tes volontés, a tes caprices les plus recherchés? N'aurais je pas été qu'une violette dans le champ de tes conquêtes?
M'as tu donné une chance de t'aimer? M'as tu combattu, m'as tu battu, m'as tu enfermé? M'as tu fait enrager, m'as tu fait te cracher dessus d'une colère impuissante? M'as tu fait te maudire, seule et abandonnée, m'as tu piégée, m'as tu griffé? M'as tu réduis a l'impuissance, m'as tu jeté contre le mur d'un geste négligent, ou violent, m'as tu oubliée là? T'es tu seulement senti supérieur ou tout du moins égal a moi? As tu eu des colères irraisonnées, as tu eu des exigences insensées?
Non, amour, tu ne m'as pas laissé une chance de t'aimer.


Jeunesse pendue

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Jeter l'assiette contre le mur, pour la beauté du geste, pour l'explosion sonore, pour le sublime tableau des morceaux a mes pieds. Se laisser briser en mille tessons, juste pour se voir au sol, éparpillée, irréparable, image d'une beauté douloureuse et frappante.
Te laisser me faire mal, encore, pour voir mon rictus dans le miroir et se dire que c'est moi, te laisser me faire mal encore, pour voir la larme couler et contempler ses reflets.
Parce que c'est d'une beauté inoubliable, inavouable, cette destruction, n'est ce pas? C'est d'une beauté que la plupart ne verront pas.
Et on a beau ployer au moindre souffle, au moindre murmure imaginaire, on a beau raser terre a chaque mot, on ne casse pas, toujours sur le fil, mais jamais au delà, équilibre improbable, instable et fragile et pourtant si durable.
On étire nos douleurs, on les sculpte, on les affûte, on les trempe dans l'encre et on les pose sur les feuilles. On les conserve, on les prolonge, on les caresse, car après votre départ ce sont les seules traces qui nous restent de vous.
On chérit nos blessures, comme on vous chérissait jadis, et elles ne se referment jamais vraiment, juste un peau, sur la peau, dans longtemps, mais elles sont toujours prêtes a rouvrir leurs gueules béantes qui vous terrifient et nous rassurent.
On est ravagés, le sourire aux lèvres, fiers de voir a quel point on saigne et constater qu'on tient encore debout.

mardi 16 décembre 2008

Jeunesse perdue

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Jeunes corps balafrés, jeunes cœurs déchirés. On a écrit l'amour sur notre peau, on l'a gravé, profond, sans pitié on l'a torturée, éraflée, découpée. Pour étouffer notre peine, pour crier a l'aide aussi, pour refléter notre cœur un peu trop saignant en ces beaux jours d'antan.
On pensait que ça durerait toujours, et aujourd'hui ce ne sont que de pâles reflets. Mais ne pensez pas que vous serez oubliés, premiers amours juvéniles, ne pensez pas partir comme ça impunément. Ne pensez pas que vos portraits n'apparaissent pas dans toutes les flaques sur nos chemins, ne pensez pas que vos visages ne nous hantent pas. Ne pensez pas que quand on en parle, on n'invente pas nos sourires, ne pensez que c'est devenu évident.
Chaque cicatrice sur notre corps raconte son histoire, sur un ton indifférent, sur un mensonge, sur des yeux détournés, sur un fond de vérité. Chaque cicatrice rappelle la peine passée, a peine enfouie sous le silence de l'oubli, toujours vivace, là, pas si loin. Chaque petite marque, fut elle effacée par le temps, gommée par le vent, est toujours aussi présente, et l'on voit toujours ses fantômes, comme ils étaient visibles jadis, nous qui connaissons son emplacement, nous qui l'avons découpée amoureusement.
Désenchantement.
Et ça fait mal de perdre cette douleur, ça fait mal de se dire qu'aujourd'hui d'un coup c'était passé, ça fait mal de se dire que nos amours ne sont plus ceux d'autrefois. Et ça fait mal de s'en rappeler, quand le moindre mot nous évoque les visions de notre être en morceaux. On ne veut plus de ça, et pourtant tous les jours on regrette, on ne veut pas se fermer au futur, et pourtant on se barricade.
Plus jamais ça, et pourtant on en redemande.
On s'enferme, sous prétexte qu'il ne fallait pas, et nos reflets aux yeux innocents frappent désespérément contre la vitre qu'on leur oppose, et on détourne pudiquement les yeux, en se disant qu'on a grandi.


dimanche 14 décembre 2008

Jeunesse éperdue

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« - Oui allô?
- Allô c'est moi.
- C'est qui toi?
- Ben c'est moi!
- Mais qui es-tu?
- Je suis toi.
- Mais non, moi c'est moi!
- Ben, peut-être pas ...
- Mais pourquoi voudrais-tu être moi? Je ne suis pas bien moi ...
- Qui t'a dit que j'étais mieux?
- Ah tu vois, tu parles de toi a la première personne!
- Mais, oui, je suis moi, j'ai bien le droit de le dire.
- Alors tu ne peux pas être moi.
- Mais peut-être que toi c'est moi, et moi c'est toi ...
- Ah non, décidément, je ne te connais pas, je ne veux pas être toi!
- Que tu ne veuilles ou non, je suis pourtant aussi toi que tu ne l'es toi même.
- Tu veux dire que nous sommes moi?
- Oui.
- Pourquoi?
- C'est comme ça, cherches pas. »

vendredi 12 décembre 2008

Bel Inconnu

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Mon bel inconnu, si tu savais comme je t'ai voulu ce soir. Si tu savais comme j'ai voulu entrer dans ton monde, ou te l'arracher point par point, je ne sais trop. Si tu savais que mon cœur bat pour toi, là, maintenant, tout de suite, si tu savais que j'existais, d'abord.
Entrée a Raspail, frigorifiée, au dernier moment, dans ton wagon, je me suis appuyée tout contre toi aux portes de derrière. Tu étais entouré de cinq ou six gamins souriants, tu avais tout au plus 25 ans, et tu les faisais rire.
Ton visage rayonnait, et ta bouche, prête au rire, s'y prêtait incessamment, tandis que tes yeux irradiaient un bonheur non feint. Tu leur parlais, tu les entourais de ton affection, tu leur souriais, tu jouais avec eux, ils étaient a toi, te regardaient subjugués, et tu n'avais d'yeux que pour eux.
Moi, tout près, je te dévorais tu regard, je t'appelais, je voulais accrocher un de tes coups d'œil souriants, et c'est comme si je n'avais pas existé. Tu étais si occupé a faire leur bonheur, que tu m'as oublié moi, qui aurais voulu avoir 10 ans a nouveau et me fondre parmi eux.
Mon ange, mon joyeux, mon innocent ange, si tu savais comme je voulais faire partie de ta vie a cet instant. Si tu savais comme ton visage prompt a sourire était beau dans ces instants, si tu savais comme je voulais que tu ne descendes jamais a Dupleix, que tu ne descende jamais, en fait, et que tu reste avec moi, et que tu me voies.
Rien qu'un regard, un geste, un sourire, un clin d'oeil, un rien m'aurait suffi. Mais sans doute du coin de l'oeil tu as vu mon envie, et tu as eu peur peut-être, peur de mon manteau noir, de mes yeux noirs, peur des sourires que je forçais aux remarques de tes petits protégés.
Ton sourire et ton bonheur t'ont rendu sublime a mes yeux ce soir, et sans doute resteras tu longtemps gravé dans mes pensées.
Tu m'as attiré, tu m'as tenté, et tu m'as abandonné.


jeudi 11 décembre 2008

Connaissance

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Elle ne comprenait pas ce monde. Pire, elle n'en voulait pas. Elle avait commencé par respecter ses règles arbitraires, mais elle avait eu beau se farcir la tête des analyses philosophiques de ses professeurs obtus, ce n'avait fait que la conforter dans son opinion: elle n'étais pas faite pour tous ces mensonges, ces idées conformistes plaquées, enfoncées dans tous les plus beaux textes qu'aie vu l'humanité. Elle se refusait a ces faux semblants, et ridicules flagrants.
Alors peu a peu, elle s'était enfermée dans chambre d'étudiante, ne sortant plus qu'au super U et a la bibliothèque. Bientôt, elle se fit livrer, et enfin engagea même un gamin pour aller quérir ses lectures.
Elle se plongeait fans les pages noircies et perdait tout sens du temps, toute autre perception sensorielle que la vue, perdait la sensation de faim et de soif, et n'émergeait de sa transe absolue qu'une fois la dernière ligne dévorée, absorbée, comprise et assimilée.
Elle se redressait d'un coup alors, dans un sursaut, et haletait comme si l'oxygène n'avait pas atteint ses poumons depuis 300 pages. Elle mangeait alors, elle dévorait, et s'enchaînait deux bouteilles d'eau. Elle fumait une cigarette, et ouvrait l'ouvrage suivant.
Son esprit devenait le carrefour de tous les chefs d'œuvre, et son corps se transformait en ruine.
Un jour, le petit garçon qu'elle employait la trouva évanouie sur le sol, un livre inachevé tombé avec elle. Ses esprits retrouvés, elle réclama le livre malgré les conseils de son médecin, et retrouva la paix.
Un autre jour, elle faillit mourir, ayant laissé la fenêtre ouverte trois jours de rang. Elle fut admise a l'Hôtel-Dieu avec une pneumonie. Et toujours, sans le contact rassurant du vieux papier, elle piquait d'inqualifiables crises de rage.
Le dernier des jours, c'est le gaz qu'elle omit de fermer, et pendant qu'elle allumait une cigarette, tout son monde explosa.
Elle se réveilla entièrement embobinée dans des kilomètres de bandages, incapable de bouger, de parler, ou même de manger.
Elle était entourée de ceux qui l'aiment, ceux qu'elle avait jadis appelé famille et amis - a défaut de le penser - et qu'elle n'appelait même plus a présent. Elle ne supportait plus personne a vrai dire, depuis longtemps. Incapable de parler, elle refusa aussi de réagir, et sa chambre blanche et nue, fut très vite aussi vide et silencieuse.
Alors seulement elle commença a réfléchir, et ce qu'elle avait pu lire prit un sens, et tout se mit en place. Mais il était trop tard, elle ne pouvait plus leur dire, et puis, ils étaient tous partis.
Enfin, elle réalisait, mais sans disciple, la connaissance n'avait aucun sens, ni aucun goût, et elle demeurait seule, sans même un interlocuteur a qui elle pouvait démontrer sa suprême Raison.

mercredi 10 décembre 2008

Rêve(s)

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Cela faisait trois ans qu'elle était dans ce fauteuil. Elle ne le savait pas, elle ne savait plus compter le temps. C'aurait pu être depuis toujours, comme depuis hier. Des dizaines de tubes pointant hors de son corps elle était comme un arbre qui eut pris racine.
Trois ans que sa bouche asséchée n'avait goûté quelque nourriture, trois ans que sa gorge n'avait pas senti une gorgée d'eau fraîche et la sensation intense de soulagement que cela procurait.
Elle était dans ce fauteuil et elle dormait. Ses brèves périodes de conscience - terrifiantes au beau milieu de ce décor de cauchemar de laboratoire clandestin - ne donnant jamais que de nouvelles matières a ses rêves.
Pourquoi avait-elle atterri là un jour? Si elle l'avait jamais su, elle l'avait oublié. C'est si éphémère aussi, la mémoire d'un enfant ... Elle n'avait que neuf ans quand on l'avait prise. Quel âge cela lui faisait-il maintenant? Enfin après tout, elle s'en fichait, elle voulait juste partir.
Elle avait peur, toujours, tout le temps. Elle ne savait pas quel serait son prochain cauchemar, ni si il serait réel ou imaginaire. Car si on l'avait enfermée, ligotée, là, c'était pour qu'elle aie plein de cauchemars, elle avait fini par le comprendre. Ils avaient commencé le jour où on lui avait posé ces ventouses sur la tête.
Au début, c'étaient des cauchemars d'enfant, les siens, si familiers, presque rassurants, mais ils revenaient, constants, patients, usants, jusqu'a ce qu'elle n'en puisse plus, jusqu'a ce qu'elle en fasse une psychose, et que finalement, elle les surmonte. Ensuite, ils étaient devenus de plus en plus réalistes. Plus terrifiants, plus grands.
Et elle était épuisée en permanence. Quand enfin ses forces l'abandonnaient, et elle n'avait plus d'autre choix que de s'endormir, les mauvais rêves la hantaient aussitôt. Elle se réveillait en sueur, haletante, sans s'être reposée, et tout recommençait a nouveau.
Plus un seul moment de paix depuis si longtemps. Sans cesse de nouvelles peurs, sans cesse en plein tourment.
On avait anéanti ses espoirs, la moindre trace de foi en son salut, tout avait été détruit, lentement, sûrement, méthodiquement. Alors elle ne pensait plus jamais sortir de là, a quoi bon espérer? Et puis pour faire quoi? Au fond, maintenant, elle ne connaissais plus que ça.
Et ça continuait, sans fin. Elle comprit après l'un de ses cauchemars - qu'elle ne distinguait plus vraiment de la réalité - qu'elle était un cobaye. C'était malin, les cauchemars, comme arme. Indétectables, insidieux, destructeur, épuisant. On pouvait vaincre les légions immenses avec quelques cauchemars bien placés.
Et puis, un jour que son cauchemar se passait dans le laboratoire apocalyptique où elle était, elle vit apparaître deux nouvelles figures. Elles lui semblaient familières, peut-être les avait-elle déjà vues dans un rêve précédent. C'était bizarre, habituellement, il prenaient toujours de nouvelles têtes. Enfin.
Pourquoi ces gens venaient-ils vers elle, souriant et pleurant tout a la fois? Pourquoi ils la prenaient dans ses bras, cet homme et cette femme? Pourquoi l'homme en blouse blanche défaisait-ils les liens et les tubes, son unique maison?
Prêtant l'oreille, elle saisit quelques mots a la volée, histoires de dettes remboursée, et de petite fille délivrée. Quoi? On parlait d'elle? Elle allait partir?
Mais non, c'était absurde! On ne partait pas d'ici. Et puis si ici c'était comme ça ici, comment ça serait ailleurs? Comme dans ses rêves? On ne lui donnait un espoir que pour mieux le briser encore. Mais non, un autre rêve brisé, c'était trop, elle ne pouvait pas, elle ne pouvait plus, sans espoirs tout cela était bien plus facile.

NON!

Elle prit les plaques métalliques posées a côté d'elle, coinça sa tête entre les deux pôles électrifiés, et pressa le bouton sous leurs yeux ébahis.

C'était fini, enfin. Enfin, elle était libre.


mardi 9 décembre 2008

Le dilemne du chat

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Le chat se tenait sur la parquet luisant, les moustaches ébouriffées, pensif. Rêveur.
La souris, inconsciente, se tenait devant lui. Il la savait empoisonnée, mais cela ne l'empêchait pas de désirer sa chair tendre.
Sur un mouvement de la souris, un reniflement tout au plus, le chat lui sauta dessus. En vérité, il ne voulait pas qu'elle lui échappa, ce serait trop bête. Il l'empala donc sur l'une de ses griffes, se donnant le temps de réfléchir plus avant.
Satisfaire son appétit, au mépris de sa vie, ou bien attendre qu'un autre repas se présente?

Aucune des options n'était satisfaisante, nous en conviendrons. Ainsi, le chat continua a jouer avec la souris, sans plus se mouiller. C'était cruel, il n'y a nul doute, mais laisser échapper le repas était trop contre sa nature, et il ne pouvait le consommer, ayant conscience du danger. Alors il la gardait sous sa main, la laissant courir un peu, mais sans la laisser s'éloigner. Et il savait qu'elle était totalement en son pouvoir, et il aimait ça.

mardi 2 décembre 2008

Devinez-vous les trous noirs de mon âme? Savez-vous d'où ils viennent?

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Eh, docteur docteur, peux tu m'ouvrir, m'étaler, me voir et m'accepter, et prendre tes jolies pincettes pour les arracher de moi, ces choses noires et immondes qui aspirent toute ma joie? Eh docteur, docteur, cautériseras-tu mes plaies?
Ah, tu n'es pas un docteur de l'âme? Alors, pardon docteur, je m'étais trompée sur toi.
Je pensais que tu serais là docteur, et je comptais sur toi.
Ah, tu ne peux pas? Tu ne veux pas peut-être?
Avoue, docteur, tu n'as pas voulu faire ce chemin avec moi. Avoue docteur, ouvrir les gens, c'est plus facile, que de t'ouvrir à moi, d'aller chercher au fond de toi? C'est plus facile a la distance du scalpel, pas vrai?
Tu avoues? C'est honnête. Mais ça ne suffit pas, docteur. Tu sais bien qu'il y a plus que ça docteur, tu sais bien que tu vaux mieux que ça.
Tu ne sais pas docteur? Mais je te le dis moi.
Docteur, docteur, tu veux jouer? Docteur, joues avec moi. Mais, docteur, n'oublies pas que je jouerais avec toi aussi.

L'enfant est innocent, mais montre lui des jouets, et il apprendra trop vite.

De toute façon docteur, je te le dis, c'est trop tard maintenant. Tu me dis que mon cœur est fini, mais ne pensais tu pas que je l'avais laissé partir depuis 5 jours maintenant? N'as tu pas vu, docteur, n'as tu pas perçu que je ne voulais plus de tes instruments tous brillants, tous propres et impeccables, un si joli prétexte innocent a tant de peine et de sang?
Et ne me dis pas "C'est comme ça, c'est ainsi, et ça ne changera pas." car tes mots sonneraient creux a tes propres oreilles pourtant aguerries. Juste tais toi docteur, tu as déjà trop agité tes petites lames si agiles.
Alors vois docteur, que c'était drôle, tout ça. Vois que tu n'annonçais rien a personne en dehors de toi même, et vois qu'il n'y a plus de retour.
Et pars. Parce que tu m'as bien fais croire, et tu m'as bien fait espérer, mais que maintenant c'est terminé.


mercredi 26 novembre 2008

Haine Amoureuse

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Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop pareils, ils ne pouvaient que filer dans des directions différentes. Et maintenant, liés, ils s'entre-déchiraient, dans une fuite désespérée l'un de l'autre, chacun devant poursuivre sa route de son côté.
Ils ne pouvaient être ensemble, et ne pouvaient plus se séparer.
Chacun était l'opposé de l'autre en tous points, et c'est pourquoi ils n'auraient pu être plus identiques. Des routes contraires les avaient menés au même point, et chacun tirant aussi fort que l'autre, aucun ne pouvait continuer sur sa voie.
Elle était née millionnaire, et il était parti de rien, elle n'avait plus un sou, et lui ne savait plus quoi faire des siens. Petite fille elle avait été négligée et oubliée de tous, quand lui n'avait reçu que tout l'amour du monde.
Morts en sursis, tenus a la gorge l'un par l'autre, ils débordaient d'autant plus de vie. Un baiser était accompagné d'une gifle, un mot d'amour d'une insulte cinglante, la passion de coups, un plat d'un poison.
Ils n'avaient pas voulu ça, du moins ils ne s'en rendaient pas compte. Mais c'était comme ça, et leur destruction mutuelle était sublime, et rayonnante d'un amour aveuglant.
Un jour, leur décapotable rouge étant le théâtre d'une joute épique, elle fut oubliée instant, et s'enfonça dans un immense camion, qui se trouvait être chargé de feux d'artifice, ironiquement destinés a la fête de l'armistice. Une étincelle de feu et de haine amoureuse mit le feu a l'essence qui alluma les mèches innombrables. L'explosion fut sublime, immense et magnifique, comme un hymne a l'amour de ceux dont les corps tournoyaient, morcelés, parmi les étincelles multicolores.
Il s'appelait Adrien, et elle se nommait Meissam.


jeudi 20 novembre 2008

L'Eternité comme sanctuaire.

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Riche, sublime, elle crut longtemps avoir le monde a ses pieds. Ce n'était pas vraiment faux. Blonde, fine, une attitude féline, c'était en affaires un adversaire invincible. Seulement, ses secrets étaient lourds, et sans public, elle ployait.

Elle avait alors conclu un pacte avec le Diable, car elle pensait être plus rusée que lui. Sa proposition était honnête par ailleurs, son âme contre l'Eternité comme sanctuaire. Elle savait que face a Dieu, elle n'avait aucune chance, ce serait un aller simple vers le Purgatoire, voire les Enfers. Et elle avait trop peur du noir. Alors elle avait voulu l'Eternité.
Mais on ne peut compter sur le Diable, et elle aurait dû le savoir.
Le jour où elle mourut, qui ne ta
rda guère, ses ennemis étant nombreux, il lui donna ce qu'il avait promis. Bien sûr, c'était loin de ce qu'elle avait pu croire.
Elle s'était retrouvée dans une plaine de glace, envahie de vents hurlants et déchaînés, sans pitié, avec au milieu, un château, resplendissant et translucide, d'une beauté époustouflante, dans lequel il régnait une température a fendre verre.

Elle s'était plue ici, les premiers jours, dans cette beauté épurée et majestueuse, dans ce paysage froid, désolé et stérile qui était en si parfaite osmose avec son cœur. C'était beau. Elle était seule.
La deuxième année, elle s'ennuyait a mourir, mort constante et impossible. Elle appela le Diable, qui ne voulut rien entendre. La cinquième année, elle était métamorphosée, et avait perdu toute sa superbe. Elle n'étais plus que l'ombre d'elle même, pauvre âme errante et solitaire.
La dixième année, son esprit autrefois si puissant, avait cédé. Elle qui pensait avoir trouvé la sérénité et la salvation, elle n'avait eu que la folie, et la glace. Hors elle avait vendu son âme, son uniq
ue possession sans valeur déterminée, sa plus précieuse aussi, et elle ne voulait plus qu'une chose, sortir de cette froideur, de ces espaces infinis, de cette solitude désespérée.
Mais n'avait plus rien a offrir au Diable, et était hors d'atteinte de Dieu. Pour toujours, elle resterait là.
Pourtant, elle avait tout essayé, sauté depuis l'une des tours translucides, c'était enterrée des semaines durant sous la neige, transformée peu a peu en gel, dont elle avait fini par s'arracher a la force des ongles, s'était empalée sur d'innombrables stalactites.

Et maintenant, elle ne savait plus rien, et ne bougeait plus. Son corps était détruit, et son esprit aliéné cognait contre sa prison, sans espoir d'évasion. Elle restait dans ce coin, prostrée, son dos accolé a la paroi de gel, son corps déchiqueté pendant en lambeaux putrides, quelques chiffons, vestige de ce qui était autrefois de somptueux vêtements, collés dessus par le sang séché, versé par les plaies innombrables.
C'est a jamais qu'elle resterait ainsi, se demandant a l'infini comment elle avait pu en arriver là.


Son corps guérirait, il avait le temps ... Elle? Non.



lundi 17 novembre 2008

Abîme infini.


Maman prenait un bain, et la petite fille en profitait pour fouiller dans le grand sac en cuir, comme elle aimait tant a le faire. On y trouvait toujours toutes sortes de choses passionnantes: des bonbons, le téléphone, qu'elle détestait, qui la privait toujours de maman, des choses dont elle ne connaissait pas l'utilité, qu'elle ne se lassait pas de contempler, d'ouvrir, de fermer, triturer. Il y avait le poudrier, aussi, et le rouge a lèvres.
Tendant l'oreille, elle prit les deux, fila jusqu'à sa chambre, sur la pointe des pieds, et s'en étala sur le visage, traçant une trace écarlate sur ses lèvres. Maladroits, les traits devenaient tragiques. Mais elle ne le savait pas, elle. Alors, fière et gazouillante, du haut de ses neuf ans, elle courut le montrer a maman.
Maman était nue, et flottait sous l'eau, elle adorait faire ça. La petite fille plongea une main dans l'eau, et poussa le ventre de maman. Mais maman ne bougeait toujours pas. Ce n'était pas bien grave, la petite fille avait tout son temps.
Patiente, elle s'assit sur le carrelage, a côté du beau tailleur en soie, et des talons vernis. Il y avait là une papillote en papier, très jolie, noire et rouge.
Joueuse, la petite fille attrapa le papier multicolore, et entreprit de le déplier. Il était humide, elle ne voulait pas le déchirer, et ses gestes étaient lents.
Soudain, un pli céda, révélant un petit tas de poudre blanche, qu'elle s'empressa de gouter, trempant son doigt mouillé dedans. C'était a maman, ça ne pouvait qu'être bon. En fait, c'était amer, mais c'était a maman, alors elle se força, ça la rapprocherait sans doute de la figure inaccessible.

Lassée d'attendre l'émergence de maman, elle décida d'attendre dans le salon. Comme il n'y avait personne, elle remit du rouge, qui était parti avec la poudre, et put sauter sur le canapé. Elle sentait sa tête qui commençait a tourner, et son canyon, où elle était toujours sauvée par son cow-boy de père, le vide entre le canapé et la table basse, était terriblement réaliste d'un coup, rouge et profond.

Le sang lui battant aux tempes, elle se dit qu'elle pouvait aussi bien sauter dans le vide orangé, et rocheux, son héros la sauvait toujours des indiens après tout. Non, sauter n'était pas dangereux, alors elle sauta, le fond, le sol, si loin qu'elle ne le distinguait plus.
Mais la chute avait beau sembler infinie, le cow-boy ne venait pas. Quelque chose n'allait pas.
Elle s'écrasa au sol, le coin de la table de verre lui enfonça le crâne en un craquement ignoble, et son sang envahit la moquette hors de prix.

Elle ne comprenait pas.

vendredi 14 novembre 2008

La route du bonheur

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Cette route n'avait rien de particulier. C'était une route comme une autre, mais c'était la sienne. Ensoleillée, trop sans doute, long ruban d'un gris incolore, seule sans un paysage jaune, plat, sec, et stérile. Cela lui convenait. Le vent seul, soulevant des tourbillons de poussière aussi loin que portait le regard, aidait a garder la civilisation hors de la mer de sable. Elle se tenait là, en bord de route, avec toutes ses possessions. Rien en vérité, un sac poussiéreux, une boîte a chapeaux, et son violon. Mais c'était tout ce qui avait de l'importance. Sans doute avait-elle laissé le reste derrière elle, un jour. Hier peut-être? Il y avait des années? Avait-elle tout quitté, brusquement, ou s'était-elle dépouillée de chaque objet un a un, en un déchirement toujours renouvelé? Elle n'en savait rien elle même. Sa mémoire aussi elle l'avait quittée pour ce long périple. Mais si elle ne savait plus son nom, et avait si peu de vêtements, ce voyage l'habillait mieux que n'importe quelle parure, d'une expérience, d'une volonté, d'une création progressive d'un être nouveau.
Qui était-elle auparavant? Elle ne savait pas, elle n'était qu'elle, et personne d'autre, et présence d'un être précédent dans son corps lui était aussi indifférente que l'idée lui semblait incongrue. Elle ne savait d'ailleurs pas exactement qui elle était maintenant, qui peut prétendre se savoir soi-même? Mais elle savait qu'il avait cette route, et qu'elle devait bien aller quelque part, et cela lui suffisait.

Les voitures était rares, mais non exceptionnelles ici, et une heure de pouce levé plus tard, brandie contre la chaleur écrasante, la femme et son bagage furent engloutis dans une auto poussive qui disparut dans l'horizon.

Et c'était comme si elle n'avait jamais été de nouveau, nulle trace ne restait de celle qui avançait jour après jour vers une vie nouvelle.


mercredi 12 novembre 2008

Playing with words.

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Jouer avec les mots. Jeux mortels et terrifiants, spirales multiples et jouissives, tourbillon dérangeant. Yeux fous, accrochant le regard, criant quelque chose que vous ne comprenez pas. Nous même, on ne sait pas ce qu'on attend de vous. Si bien sûr, le tout, mais pas sans son contraire.
On croit jouer avec les mots, mais qui mène vraiment le jeu? Une fois la partie entammée, on s'aperçoit qu'il n'y a plus d'issue, et on se laisse emporter car il n'y a plus rien a perdre. Les mots nous prennent au corps, et on en tremble, les phrases nous dévorents de l'intérieur, morsures acides inguérissables, les livres nous laissent sans voix, sans plus rien pour écoper la noirceur de nos êtres. Et nous sommes piégés.
Mais qu'a cela ne tienne, on met quelques bandages, et notre plus beau sourire, pour vivre encore un peu, plus vite, plus fort, il n'y a plus grand chose a étirer, alors on brûle le reste dans un dernier feu d'artifice. Et on recommence.
Les mots, une fois qu'on commence, on voudrait qu'ils s'arrêtent, qu'ils disparaissent comme s'ils ne nous avaient jamais emplis, mais il est trop tard, alors. Et quand ils viennent a nous déserter, c'est bien pire encore, et on en redemande.

samedi 8 novembre 2008

Lorsque le Sage montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt.


Peur d'un lendemain incertain, imprévisible, lunatique. Espoirs d'une vie nouvelle, fuite éperdue vers le futur, agrémentée de trop peu de présent, d'un mépris mélancolique du passé. Appréhensions sur une situation trop précaire, depuis trop longtemps. Espoirs a l'horizon, mais sont-ils si nouveaux?

La plume qui me nargue, qui me fuit, qui m'appelle, et m'abandonne, essoufflée. Qui m'use, qui crisse sur le besoin aigü que j'en ai, et qui se tord devant les pauvres mots sans liens, sans sens, sans beauté qui en sortent. Torture mutuelle. Manque et insatisfaction.

Envie de vivre pour moi, un peu. A trop réfléchir a mon impact sur les autres, je m'enferme, me lie les mains, m'attache a ce mur. Mais non, je comprends vos actions, moi. Comprenez les miennes.

Cordes absurdes qui me retiennent, quand je cours, qui me paralysent, alors que je me tends vers mon but.

Regards, bouteilles, pulsations cardiaques, bouchons, hoquets, explosions, réveils haletants, photos, dilemnes. Attraper une crampe, ou se pousser? Et la réponse est toujours la même, on le sait, pas vrai?

Alors ouais, mystérieuse attitude, M., parce que je le veux bien, et comprenne qui pourra.



« Bien sûr, avait dit le renard. Tu n'es encore
pour moi qu'un petit garçon tout
semblable
à cent mille petits gerçons. Et je n'ai pas besoin
de toi.
Et tu n'as pas besoin de moi non plus.
Je ne suis pour toi qu'un renard semblable
à cent mille
renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous
aurons besoin l'un de l'autre.
Tu seras pour moi unique
au monde. Je serai pour toi unique au monde...
»
Le Petit Prince, de Saint-Exupéry.

You got me girl.

vendredi 31 octobre 2008



Repris le piano aujourd'hui. Déceptions et délices.

Déceptions de voir que pour mes parents, même après 5 mois d'arrêt total, rien n'a changé.
Ma mère continue toujours autant à me gaver de ses histoires de pianistes, et de comment elle entend et sait tout mieux que moi. Alors qu'elle n'a jamais joué une note de sa vie, et que j'en ai fait huit longues années.
Mon père, lui, continue a être toujours aussi peu compréhensif, peu ouvert à mes sentiments, mes inconforts, mes peurs. Car il avait fini par me faire peur, et me dégouter, ce clavier noir et blanc, cette alternance contrastée de bâtons sonores. Cette absence froide de couleur, cette palette d'inconnues et d'infinis possibles. Mais non, lui ne voit toujours que lui, et les soit disant promesses que je lui ai faites. J'ai peur papa, n'entends tu pas?

Délices d'étirer mes doigts engourdis, rigides, malhabiles. De les poser, et de jouer une note au son cabossé. Et de jouer encore, et encore. Et de sentir les muscles se réchauffer, le jeu se délier, et entendre les notes résonner, de moins en moins irrégulières, de plus en plus proches de ce que commandait mon cerveau.
Délices de voir de nouveau mes doigts voleter légèrement, et obéir.
Délices
de voir que ce n'était pas si terrible que ça, que j'y prenais plaisir, en quelque sorte, une fois ma mère chassée.
Délices de rejouer des morceaux oubliés, empoussiérés dans ma mémoire, délices de les voir se réveiller et prendre vie, prendre forme, au bout de quelques répétitions hésitantes.
Délices de récupérer cette partie de moi que j'avais enfermée, par peur que son acide ne dévore le reste.

lundi 27 octobre 2008

Addictions jouissives et destructrices, ne perdez pas le goût de la victoire.


P. a décrété aujourd'hui que j'étais alcoolique. Et je lui ai dit: Mais tu t'es vu?

Ah on fait la paire, y'a pas a dire, et tu sais que malgré tout ce qu'on pourra raconter, après ce qu'on a vécu ensemble, on ne sera jamais loin l'une de l'autre, et encore moins loin du coeur.
Parce que ce lien qu'on a, il est rare. Dieux qu'il est douloureux, on le sait, mais ça n'en rend pas la saveur moins jouissive.

Parce que certaines choses, ils n'y a que toi qui peut les comprendre, et les accepter. Même si parfois putain, tu m'engueules alors que sérieux, tu vaux tellement pas mieux.
Alors ouai, meuf, putain, toi et moi on sera toujours là l'une pour l'autre, et se reprocher nos balafres.

Alors si on habite Paris, c'est pas pour se voir tous les six mois chérie, n'oublie pas.

dimanche 26 octobre 2008

Et si tu me donnais une chance d'être ton fromage blanc?




Il faut être très patient, avait dit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le Petit Prince, de Saint-Exupéry.


Une chaussette figée à tout jamais sur mon mollet, et ses yeux, seule chose a laquelle se raccorchait mon déjà si fragile équilibre.
Parceque non je ne me fais pas d'illusions, je ne suis pas forte, et bien sûr que je le suis, mais pas contre Elle. Alors je la regarde, et je ne dis rien, parceque c'est quand mes mots briseront le silence que les siens prendront vraiment un sens, celui que j'ai compris, qui sera alors fixé, imprimé, gravé dans la pierre et plus rien n'y pourra être changé.

Je tombais en avant, ou du moins je me sentais tomber. Littéralement. Je me raccrochais à ses yeux en me sentant chuter à terre, sauf que j'étais encore sur ma chaise, et elle appuyée contre le placard blanc, dans sa jupe plissée.
Un vertige horizontal m'aspirait vers toi, et je me sentais partir, sauf que je ne bougeais pas. J'aurais voulu relever tes cheveux, et tout arranger, mais tu sais, j'y arrive pas.

Et tu disait que c'était fini, ce matin, et je ne comprenais pas.
Bien sûr que C. m'avait dit de faire gaffe hier, et bien sûr elle avait raison. Mais j'étais trop bourrée pour l'admettre, et puis a défaut de sentir ton corps contre le mien, je me pressais contre A., en maudissant encore et toujours mon incapacité à me pencher sur ton visage.

Ta taille m'a toujours fascinée, plus accessible que le reste, et si pleine de délices. Je m'y agrippais, mais tu regardais au loin et tu ne sentais rien. Alors je suis partie.

Et tu m'as demandé "quoi?", ce matin, du loin des deux mètres qui nous séparaient, tu n'as sans doute pas compris mon regard. Tu venais pourtant de dire "c'est fini". Et je n'ai rien dit, ou j'ai dit "rien", je ne sais plus. Et je t'ai regardée, encore.
Et ensuite j'ai remonté ma chaussette. C'est là que tout était vraiment écrit.

Et maintenant, je regarde ce coin contre lequel tu t'étais appuyée, coin toujours sous mes yeux, auquel je ne peux échapper, et qui me regarde d'un accusateur. De n'avoir su te comprendre, et venir à toi.
Sauf que j'ai compris, et que je n'ai pas pu.
Toi non plus tu n'as rien fait d'ailleurs, et tu as beau jeu de te plaindre, sachant que je te pardonnerais tout. Et je ne devrais pas te le dire, bien sûr, sauf que je sais que pour toi ça ne changerait rien. Tu seras, en dépit de moi, malgré moi.

Et oui, je ne le nie pas, je te trouve bien injuste à vouloir être libre, et m'avoir pour toi toute seule, et surtout ne pas voir à quel point ce n'était qu'un appel pour toi, tout ça. Mais je ne t'en veux pas plus que ça.

Et oui, ça me pèse que tu ne parles pas, que tu ne dises rien. Que ce ne soit que par ton blog que je puisse être sûre de ce que C. m'avait suggéré. Tu me reproches de ne pas comprendre, mais que dois-je croire? Ce que je pense, ce que tu dis en théorie, ce que tu dis en pratique, ce que tu écris?
Oui, je dois tout croire, ce serait trop simple sinon, pas vrai?

Alors chérie je t'en prie, entends moi. Tu sais que ça n'a pas vraiment un goût de fin tout ça, alors ne pars pas avant d'avoir pu parler vraiment.



Ne te cache pas de moi,
voulait-elle murmurer,
je viens en paix.



mercredi 22 octobre 2008

Parceque chaque femme est vierge, chaque matin, après l'amour. Bazin.



- Girl, my life's a mess.
- Yeah I know that ...
- Lets Peach then.


Beaucoup d'attentes aujourd'hui. Celles d'appréciations, de compréhension, de sonneries libératrices, ou de portes ouvertes sur un "KEUUUWAAAAAAA?!".
Ne voulant sans doute pas pousser son célèbre cri du crapeau en rut aujourd'hui, O. a préféré dormir plutôt que d'entendre la sonnette. Moi j'ai découvert qu'elle faisait pousser des avocats. But well.
Mégot échoué
sur le trottoir, tu resteras seul témoin de mes décomptes effrayés.

Anyway, M. a quand même constaté une vérité tellement aveuglante qu'elle n'a frappé personne. C'est rassurant. Comme une manière de rendre la pensée réelle par le langage. De toute façon, c'pas comme si il restait encore des masses d'initiales en qui je croyais encore.

Le week-end sera bon, très bon, voire magnifique, il semblerait, la semaine fut potable, et après c'est les vacances. Devrais pouvoir y arriver. Je vais y arriver, d'ailleurs.

Juste un rêve inachevé, une action en suspens, comme un sursis indécis, plane, nuage tenace sur mon esprit.

P. me manque. J'peux même plus jouer ma dépressive lyrique a deux heures du mat', c'est lassant. Surtout quand on se dit qu'elle s'éclate en Grèce, et qu'elle s'ébat en plein soleil scintillant sur sa peau nue, en train de chanter Mamma Mia avec Alice-la-nouvelle-Janis-Joplin. OK j'me tais. Surtout que telle que je la connais, la porte de chiottes crie encore un SOS qu'elle cache derrière un sourire triste et des manches longues. Enfin quand on sait que c'est elle qui m'a poussé a rouvrir un new blog, il est tout de même dommage de voir qu'elle n'assiste pas à ma révélation suprème.

Et mon bureau est un véritable foutoir, amas rassurant, désordre artistique laissant parfois échapper des souvenirs échoués là en quelque temps lointain.

lundi 20 octobre 2008

Parceque nous, of course, on est Parisiennes. Et TOC. Surtout qu'après un concert d'Amy MACDO ... nald, nous on peut encore manger au KFC. Ouai.


Samedi c'était le 18 octobre, et comment dirait P., il n'arrive que des bonnes choses le 18 octobre. Evidemment, il y a toujours place pour plus, m'enfin, j'suppose qu'il n'y a pas vraiment de quoi se plaindre.

Samedi soir, donc, direction la Maroquinerie en compagnie d'O. Arrivée à la dernière minute en catastrophe talonnée, car 'of course', c'eut été trop demander qu'elle n'aie pas 30 minutes de retard. N'est-ce-pas?
Quoi qu'il en soit, pas trop mal placées.

Contrairement à mes attentes royalement pessimistes, la première partie fut une véritable perle, dont la découverte inattendue ne fit qu'épicer le goût. Jim Bianco, à la voix very very virile, nous fit rire et planner pendant 40 bonnes minutes.
Mais bientôt, et là, conformément à mes attentes royalement pessimistes, il partit, et c'est longtemps que nous attendîmes la vedette, Amy Macdonald.
Qui ne nous déçut d'ailleurs aucunement.
L'ambiance était totalement magique, le son extraordinaire, et l'audience "really nice". Ouai parceque nous les Parisiens on est tellement trop supérieurs aux Barceloniens et autres Amsterdamgeois. Et TOC.

Redescendre de notre petit nuage n'était pas facile, et un pétard n'aidant pas, échouement stratégique au KFC, sur une table tremblante. Je ne sais d'ailleurs toujours pas ce qu'on a fait a cette pauvre table, mais elle en était en tout cas fortement traumatisée.

La fin de la soirée fut non moins sympathique que le début d'ailleurs, avec une découverte pour O. des ... Simpson le film, bien sûr!

'cause it was a such a great night, sleaping next to you.

dimanche 19 octobre 2008

Un nouveau blog pour une nouvelle vie?


Il m'a fallu 8 mois pour m'y décider, pour m'y résoudre. A ce nouveau blog.
8 mois où Calamity a pris ... une page, où Alex a pris un an, et où moi j'ai beaucoup appris.
Ce n'est pas bien grave. La précédente expérience fut juste un peu trop ... douloureuse, m'enfonçant quand j'allais mieux, s'enfonçant quand j'allais mal, en une chute qui n'avait pas de fin. Car a-t-elle jamais pris fin? Qu'en sais-je? Je m'en suis arrachée à la dernière seconde, avant d'y perdre ma dernière plume.
De nouvelles plumes ont poussé, remplaçant les anciennes, et O. a soigné mes ailes.
L'oiseau vole a nouveau.

Vole-t-il haut? Volera-t-il longtemps? Abreuvez-moi de vos questions supposément pleines de sollicitude, toujours est-il qu'il vole, et que c'est l'essentiel. Vous ne me ferez pas penser le contraire, alors arrêtez d'essayer.

Ce n'était pas facile, de se dire qu'il était temps, de nouveau, car si les textes sans début ni fin, sans queue ni tête s'écrivent encore, ils mettent trop à nu. Ecrire un blog, ecrire tout court, c'est se tenir dénudée, sans rougeurs ni voiles devant ... on ne sait trop qui. Si l'on se cache, a quoi bon?Peut-être me cachais-je tout ce temps pour mieux me protéger.
Dévoiler les petites joies et petites peines, les petits riens du quotidien c'est en dire souvent trop sur soi, plus sur soi que ne le disent les grands évènements. Car ce sont ces petites choses que ne savent que de rares personnes, et qui restent un trésor bien gardé, qui nous définissent.

Enfin, aujourd'hui, j'essaye de ne plus rien cacher. D'être la même pour tous, et de ne pas avoir 10 facettes différentes par personne. Encore que ne s'adapte-t-on pas à son interlocuteur?

Mais je préfère rester Moi.

Alex, un peu de rien, beaucoup de tout. Tocs & trucs.


  • Je suis en L, j'ai 17 ans.
  • Je vis dans un bordel, et j'pense que c'est tant mieux.
  • Je ne supporte pas qu'on regarde dans mes placards.
  • Je vous fais totalement confiance si je vous laisse toucher à mon ordinateur.
  • J'ai un porte bonheur, c'est un sous vêtement, et je souffle encore mes cils.
  • Je ne suis pas supersticieuse.
  • J'aime les filles.
  • Je n'aime pas appeler les gens.
  • Je lis beaucoup de tout, et peu de classiques.
  • J'aime le noir, j'aime le blanc, et j'aime les couleurs. Surtout les mélanger.
  • Je suis capable de tout, parfois de rien.
  • J'ai des blocages ridicules qui me pourrissent la vie.
  • J'ai des envies de vert.
  • Je fais mes devoirs à 2h du matin, ou a l'heure d'avant. Si je les fait.
  • Je peux vous aimer un jour, vous haïr l'autre. Pour un mot, pour un rien, pour une montagne que je n'avais pas vue.
  • Je hais le rose.