jeudi 11 décembre 2008

Connaissance

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Elle ne comprenait pas ce monde. Pire, elle n'en voulait pas. Elle avait commencé par respecter ses règles arbitraires, mais elle avait eu beau se farcir la tête des analyses philosophiques de ses professeurs obtus, ce n'avait fait que la conforter dans son opinion: elle n'étais pas faite pour tous ces mensonges, ces idées conformistes plaquées, enfoncées dans tous les plus beaux textes qu'aie vu l'humanité. Elle se refusait a ces faux semblants, et ridicules flagrants.
Alors peu a peu, elle s'était enfermée dans chambre d'étudiante, ne sortant plus qu'au super U et a la bibliothèque. Bientôt, elle se fit livrer, et enfin engagea même un gamin pour aller quérir ses lectures.
Elle se plongeait fans les pages noircies et perdait tout sens du temps, toute autre perception sensorielle que la vue, perdait la sensation de faim et de soif, et n'émergeait de sa transe absolue qu'une fois la dernière ligne dévorée, absorbée, comprise et assimilée.
Elle se redressait d'un coup alors, dans un sursaut, et haletait comme si l'oxygène n'avait pas atteint ses poumons depuis 300 pages. Elle mangeait alors, elle dévorait, et s'enchaînait deux bouteilles d'eau. Elle fumait une cigarette, et ouvrait l'ouvrage suivant.
Son esprit devenait le carrefour de tous les chefs d'œuvre, et son corps se transformait en ruine.
Un jour, le petit garçon qu'elle employait la trouva évanouie sur le sol, un livre inachevé tombé avec elle. Ses esprits retrouvés, elle réclama le livre malgré les conseils de son médecin, et retrouva la paix.
Un autre jour, elle faillit mourir, ayant laissé la fenêtre ouverte trois jours de rang. Elle fut admise a l'Hôtel-Dieu avec une pneumonie. Et toujours, sans le contact rassurant du vieux papier, elle piquait d'inqualifiables crises de rage.
Le dernier des jours, c'est le gaz qu'elle omit de fermer, et pendant qu'elle allumait une cigarette, tout son monde explosa.
Elle se réveilla entièrement embobinée dans des kilomètres de bandages, incapable de bouger, de parler, ou même de manger.
Elle était entourée de ceux qui l'aiment, ceux qu'elle avait jadis appelé famille et amis - a défaut de le penser - et qu'elle n'appelait même plus a présent. Elle ne supportait plus personne a vrai dire, depuis longtemps. Incapable de parler, elle refusa aussi de réagir, et sa chambre blanche et nue, fut très vite aussi vide et silencieuse.
Alors seulement elle commença a réfléchir, et ce qu'elle avait pu lire prit un sens, et tout se mit en place. Mais il était trop tard, elle ne pouvait plus leur dire, et puis, ils étaient tous partis.
Enfin, elle réalisait, mais sans disciple, la connaissance n'avait aucun sens, ni aucun goût, et elle demeurait seule, sans même un interlocuteur a qui elle pouvait démontrer sa suprême Raison.

1 commentaire:

Jude a dit…

Je me perds dans tes mots, je m'oublie dans leur maux.

Jude