vendredi 19 décembre 2008

Passions égarées

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Tu me demandes ce que je veux. Et il est vrai, tout a l'heure dans tes bras au parfum d'autrefois je ne savais que te dire.
Mais maintenant, la tête claire, je peux te dire que je ne veux pas de ça. Combien de fois déjà avons nous échoué? N'était ce pas assez?
N'aimons nous pas plus nos souvenirs que l'autre? Oui c'est vrai, on était beaux a faire les 400 coups, et a finir nos phrases, mais n'a-t-on pas grandi? Encore que ce n'est pas là le problème.
Tu me demandes si je t'ai déçu ... Non, tu n'as pas changé. Oui, tu n'a pas changé.
Tu vois chéri, tu avais raison de ne pas aimer être ma souris, car il n'y a pour ainsi dire rien qu'un chat puisse aimer dans une souris. Non pas que je ne t'aime pas, encore qu'aujourd'hui ce ne soit guère qu'une aquarelle rescapée d'un temps passé, c'est juste que tu vois j'aime gagner.
Et tu l'as compris. Tu l'as trop bien compris. Tu m'as laissé gagner, et c'est la pire chose que tu aies pu faire. Bien sur j'en ai tiré une satisfaction, mais c'eût été la même si je l'avais eu plus rarement, mais gagnée plus chèrement.
Tu me dis que tu gagnes a me laisser gagner, mais sais-tu seulement tout ce que tu as perdu?
Oui, ami, nous étions faits l'un pour l'autre, oui, sauf que tu n'as pas pu me retenir plus d'un instant perdu dans le vent, et j'ai toujours couru, sauvage, a ma guise.
Tu vois, c'est bien beau de perdre, c'est bien beau que je gagne, mais c'est bien trop facile. Et après quatre ans de victoires incessantes, elles n'ont plus rien qu'un goût amer. Que vaut une victoire par forfait?
Tu ne t'es pas battu avec moi, tu n'as pas osé, et c'est le jour où tu as cessé de me tenir tête que tu m'as perdu. Oui, ça fait bien longtemps déjà, n'est ce pas?
Je voulais jouer a chat avec toi, sais-tu? Mais tu es resté là sous mon nez et m'a laissé t'attraper sans frémir. Tu aimes être entre mes dents, ne le nie pas, mais j'aurais aimé, il fut un temps, être entre les tiennes, même si je me serais battue jusqu'au dernier sang pour ne m'y pas trouver. Et c'est ça que tu aimes chez moi. Je ne te suis pas soumise, je te fuis, je n'ai nul besoin de toi. Et c'est ça que je hais chez toi, ton apathie.
C'est facile de me laisser gagner, alors tu m'as laissé. Et a force, tu as perdu l'habitude, et aujourd'hui tu serais incapable de m'arracher la moindre goutte de sang, avoue.
N'est ce pas?
Et ne me comprends pas mal, ami, je ne te fais là nulle invitation, toi comme moi savons que le jour où nous aurions pu être sauvés est depuis bien longtemps passé, et aujourd'hui aurais tu beau changer, tu ne m'atteindrais plus.
Tant que je te verrais tel que tu es devenu, tu n'auras nul pouvoir sur moi. Et ce ne serait qu'en sentant ton pouvoir sur moi que je changerais d'avis. Vois comme le cercle est vicieux.
Et puis, on dit toujours qu'on est liés, et qu'on pense a la même chose en même temps. C'est vrai, le nier est inutile, mais n'évoquons nous pas aujourd'hui que les bons souvenirs d'autrefois?
Et puis tu dis toujours que tu sais ce que je fais, tu sais quel jeu je joue. Si tu savais comme c'est faux ... Aurais-tu vu au delà de sourcils levés, et regards lointains, sourires en coin, tu aurais su qu'il te fallait te battre, qu'il fallait que tu me contraignes a me battre pour toi.
C'est pour ça qu'une petite fleur t'aimera toujours plus que moi, le pêcher est là pour lui faire un perpetuel ombrage, et il ne lui reste plus qu'a plonger ses racines plus loin encore pour espérer atteindre l'essence de la terre.
Moi, je n'ai nulle concurrence, j'ai beau partir si loin, si longtemps, quand je viens voir ce que tu deviens, c'est toujours vers moi que tes yeux se tournent. Alors pourquoi me battrais-je?
Aurais-tu tenu a moi, toi, si je m'étais dès le premier jour soumis a toutes tes volontés, a tes caprices les plus recherchés? N'aurais je pas été qu'une violette dans le champ de tes conquêtes?
M'as tu donné une chance de t'aimer? M'as tu combattu, m'as tu battu, m'as tu enfermé? M'as tu fait enrager, m'as tu fait te cracher dessus d'une colère impuissante? M'as tu fait te maudire, seule et abandonnée, m'as tu piégée, m'as tu griffé? M'as tu réduis a l'impuissance, m'as tu jeté contre le mur d'un geste négligent, ou violent, m'as tu oubliée là? T'es tu seulement senti supérieur ou tout du moins égal a moi? As tu eu des colères irraisonnées, as tu eu des exigences insensées?
Non, amour, tu ne m'as pas laissé une chance de t'aimer.


1 commentaire:

Jude a dit…

Le temps passe, on évolue et tout change.