Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop pareils, ils ne pouvaient que filer dans des directions différentes. Et maintenant, liés, ils s'entre-déchiraient, dans une fuite désespérée l'un de l'autre, chacun devant poursuivre sa route de son côté.
Ils ne pouvaient être ensemble, et ne pouvaient plus se séparer.
Chacun était l'opposé de l'autre en tous points, et c'est pourquoi ils n'auraient pu être plus identiques. Des routes contraires les avaient menés au même point, et chacun tirant aussi fort que l'autre, aucun ne pouvait continuer sur sa voie.
Elle était née millionnaire, et il était parti de rien, elle n'avait plus un sou, et lui ne savait plus quoi faire des siens. Petite fille elle avait été négligée et oubliée de tous, quand lui n'avait reçu que tout l'amour du monde.
Morts en sursis, tenus a la gorge l'un par l'autre, ils débordaient d'autant plus de vie. Un baiser était accompagné d'une gifle, un mot d'amour d'une insulte cinglante, la passion de coups, un plat d'un poison.
Ils n'avaient pas voulu ça, du moins ils ne s'en rendaient pas compte. Mais c'était comme ça, et leur destruction mutuelle était sublime, et rayonnante d'un amour aveuglant.
Un jour, leur décapotable rouge étant le théâtre d'une joute épique, elle fut oubliée instant, et s'enfonça dans un immense camion, qui se trouvait être chargé de feux d'artifice, ironiquement destinés a la fête de l'armistice. Une étincelle de feu et de haine amoureuse mit le feu a l'essence qui alluma les mèches innombrables. L'explosion fut sublime, immense et magnifique, comme un hymne a l'amour de ceux dont les corps tournoyaient, morcelés, parmi les étincelles multicolores.
Il s'appelait Adrien, et elle se nommait Meissam.
1 commentaire:
Morts.
Sous l'emprise de ton écriture, je m'envole & oublie mes soucis.
Je t'aime,
Meissam.
Enregistrer un commentaire