dimanche 26 octobre 2008

Et si tu me donnais une chance d'être ton fromage blanc?




Il faut être très patient, avait dit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le Petit Prince, de Saint-Exupéry.


Une chaussette figée à tout jamais sur mon mollet, et ses yeux, seule chose a laquelle se raccorchait mon déjà si fragile équilibre.
Parceque non je ne me fais pas d'illusions, je ne suis pas forte, et bien sûr que je le suis, mais pas contre Elle. Alors je la regarde, et je ne dis rien, parceque c'est quand mes mots briseront le silence que les siens prendront vraiment un sens, celui que j'ai compris, qui sera alors fixé, imprimé, gravé dans la pierre et plus rien n'y pourra être changé.

Je tombais en avant, ou du moins je me sentais tomber. Littéralement. Je me raccrochais à ses yeux en me sentant chuter à terre, sauf que j'étais encore sur ma chaise, et elle appuyée contre le placard blanc, dans sa jupe plissée.
Un vertige horizontal m'aspirait vers toi, et je me sentais partir, sauf que je ne bougeais pas. J'aurais voulu relever tes cheveux, et tout arranger, mais tu sais, j'y arrive pas.

Et tu disait que c'était fini, ce matin, et je ne comprenais pas.
Bien sûr que C. m'avait dit de faire gaffe hier, et bien sûr elle avait raison. Mais j'étais trop bourrée pour l'admettre, et puis a défaut de sentir ton corps contre le mien, je me pressais contre A., en maudissant encore et toujours mon incapacité à me pencher sur ton visage.

Ta taille m'a toujours fascinée, plus accessible que le reste, et si pleine de délices. Je m'y agrippais, mais tu regardais au loin et tu ne sentais rien. Alors je suis partie.

Et tu m'as demandé "quoi?", ce matin, du loin des deux mètres qui nous séparaient, tu n'as sans doute pas compris mon regard. Tu venais pourtant de dire "c'est fini". Et je n'ai rien dit, ou j'ai dit "rien", je ne sais plus. Et je t'ai regardée, encore.
Et ensuite j'ai remonté ma chaussette. C'est là que tout était vraiment écrit.

Et maintenant, je regarde ce coin contre lequel tu t'étais appuyée, coin toujours sous mes yeux, auquel je ne peux échapper, et qui me regarde d'un accusateur. De n'avoir su te comprendre, et venir à toi.
Sauf que j'ai compris, et que je n'ai pas pu.
Toi non plus tu n'as rien fait d'ailleurs, et tu as beau jeu de te plaindre, sachant que je te pardonnerais tout. Et je ne devrais pas te le dire, bien sûr, sauf que je sais que pour toi ça ne changerait rien. Tu seras, en dépit de moi, malgré moi.

Et oui, je ne le nie pas, je te trouve bien injuste à vouloir être libre, et m'avoir pour toi toute seule, et surtout ne pas voir à quel point ce n'était qu'un appel pour toi, tout ça. Mais je ne t'en veux pas plus que ça.

Et oui, ça me pèse que tu ne parles pas, que tu ne dises rien. Que ce ne soit que par ton blog que je puisse être sûre de ce que C. m'avait suggéré. Tu me reproches de ne pas comprendre, mais que dois-je croire? Ce que je pense, ce que tu dis en théorie, ce que tu dis en pratique, ce que tu écris?
Oui, je dois tout croire, ce serait trop simple sinon, pas vrai?

Alors chérie je t'en prie, entends moi. Tu sais que ça n'a pas vraiment un goût de fin tout ça, alors ne pars pas avant d'avoir pu parler vraiment.



Ne te cache pas de moi,
voulait-elle murmurer,
je viens en paix.



2 commentaires:

daijoji a dit…

Hello, I'm sending you my warmest regards from Poland! :-)

Anonyme a dit…

Non. Ça ne peut pas se passer comme ça.
D'ailleurs, ne nous mentons plus, chacune de vous non plus.

Love you.